Genève et la mobilité [3/3]

G

Genève et la mobilité : il y a de l’électricité dans l’air !

Sur ce thème, la mobilité, nous n’allons pas nous soustraire du contexte tant il transporte les passions, à la hauteur des intérêts et des enjeux. Et c’est bien normal, pour une si grande quantité d’usages qui se bousculent sur une si petite bande de terrain qui n’est pas, ou plus, extensible.

Ce n’est rien de moins que le nouveau visage de la ville qui se dessine, mis au défi de critères imposés telle la qualité de vie et le développement durable. (cf dossier thématique de la FER)

Et vogue la galère…

Mais loin des grandes visions d’avenir, l’usager -ère, au quotidien, souffre !

Pour celles et ceux qui battent le pavé chaque jour, mais aussi celles et ceux qui œuvrent sans relâche dans le domaine afin d’en améliorer la situation, quel tumulte faut-il si souvent traverser et de quelle adresse faut-il faire preuve pour arriver d’un point A à un point B dans cette ville !

Alors, ne dérogeons pas à la tradition genevoise et mettons-nous à râler un bon coup !

Sur le sujet, qui, parmi la population en transhumance incessante n’a pas sa mémorable histoire à raconter ?

Y’a pas le feu au lac !

Et maintenant, étudions la situation posément.

Au tournant du siècle, après plusieurs votations déterminantes, fédérales et cantonales, dont les résultats ont clairement indiqué la direction, plus collective qu’individuelle, des projets ont pu se mettre en place et d’autres trouver leur dénouement. (cf actif-tarfiC, entre autres)

En français fédéral, c’est possible ?

Les investissements colossaux à prévoir ont eu l’avantage de sonner le glas de l’Alleingang et de forcer à plus d’intégration dans le réseau suisse (pour obtenir des financements de la Confédération, notamment), mais aussi à penser en termes de région, c’est-à-dire inclure la France voisine et Vaud dans le Grand Genève ou pour n’offenser personne l’agglomération lémanique…

Concrètement, une vingtaine d’années plus tard, on se retrouve avec plusieurs lignes de tram supplémentaires, et à l’aube de la mise en service du CEVA et d’extensions de lignes de trams, ça n’arrête pas. Oui, car désormais, chaque zone de développement à Genève s’accompagne d’une desserte en transports publics qui doit réellement limiter les déplacements individuels. Le 14 septembre passé, le Conseil fédéral a même « repêché » un projet d’extension de tram de la ville, parce que : « L’administration genevoise a bien travaillé ». Dont acte. (cf article de la RTS)

 

A chacun-e ses centres d’intérêts

C’est d’ailleurs l’une des solutions pour désengorger l’hyper-centre : en créer d’autres.

Citons ZI-PLO, là où se cristallise l’investissement de grandes entreprises horlogères, histoire aussi de se souvenir que Genève est, en Suisse romande, un autre pôle de la mécanique de précision avec de glorieux ancêtres, comme la SIP (Société des instruments de physique, dont les locaux sont dédiés aujourd’hui à l’art moderne et contemporain).

100% Genève

Nous y voilà, l’industrie traditionnelle ici (ni Rolex, ni Patek Philippe n’ont encore annoncé la sortie d’une montre connectée…), mais allons voir du côté d’ABB-Sécheron et du fameux TOSA !

Initié en 2011, le TOSA (Transports publics-Office de promotion de l’industrie-Services industriels-ABB mais aussi Trolleybus avec Optimisation du Système d’Alimentation) est un partenariat public-privé, rejoint en 2013 par l’OFEN (Office fédéral de l’énergie) et l’Etat de Genève, ainsi que par des instituts de formation régionaux (EPFL, He-Arc, HEPIA).

 

Ce projet est donc pluriel : il vise d’une part, en se focalisant sur l’aspect environnemental de la démarche de développement des transports collectifs, à améliorer l’efficacité énergétique.

En soi déjà, privilégier ce type de transport dans une ville permet de réduire la circulation et d’économiser des ressources. Mais si on y ajoute la plus-value des nouvelles technologies de gestion de l’énergie, les smart grids, et donc l’apport de l’intelligence et du temps réel, ainsi que des innovations dans l’alimentation qui augmentent sa vitesse, le système « flash-charging » d’ABB en l’occurrence, qui équipe les bus, l’effet est démultiplié.

Le projet a pour ambition d’autre part de stimuler l’innovation en mobilisant et retenant les acteurs locaux de l’industrie 4.0.

Concerto en « re » majeur

En ces temps où l’on veut imposer, avec fracas, une relocalisation et une réappropriation des instruments et des chaînes de production, n’est-ce pas une chance supplémentaire inespérée et décisive pour un redéploiement industriel à Genève ?