Neuchâtel et l’Arc Jurassien [1/3]

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Selon un récent classement de compétitivité, si la Suisse est très bien placée tous domaines confondus, elle l’est un peu moins dans le numérique en particulier.

Les singularités helvétiques font qu’il n’y a pas forcément de grands mouvements nationaux et visibles pour ce qui est de la formation ou de la politique économique. A cet égard, le numérique offre de formidables opportunités et il est primordial de ne pas rater ce virage. C’est une attitude à adopter sans tarder.

Une concurrence venue d’ailleurs

Dans les années 70, la déroute industrielle dans la région et ses dizaines de milliers d’emplois perdus par l’avènement de produits concurrents grand public a touché la collectivité au coeur.

L'oscillation du quartz, pourtant inventée ici, est revenue comme un boomerang de l'autre bout du monde avec les Seiko, Casio, etc. au marketing ravageur.

Jouer la montre sans perdre le tempo

Reste que la recherche initiée par le CEH (Centre électronique horloger), regroupé plus tard avec d’autres laboratoires en devenant le CSEM (Centre suisse d’électronique et microtechnique) a permis de reprendre le dessus par l’innovation et le développement de nouvelles technologies dans la micro-mécanique et l’électronique, elles-mêmes issues des travaux menés dans l’amélioration des pièces d’horlogerie.

Microcity, inaugurée en 2014, est venue accompagner le passage des micro- aux nano-technologies, ainsi que l’apport de l’intelligence artificielle et de l’interconnectivité, entre autres. Ce nouveau campus de l’EPFL consacre aussi un autre préalable indispensable à la création de valeur : une formation de haut niveau, tant académique que professionnelle.

« Innover, c’est sauter dans le vide… »

« … en espérant que des ailes nous pousseront dans le dos » (Elmar Mock, inventeur de la Swatch)

Début juin, les autorités du canton ont annoncé unir Microcity et Neode, l’incubateur de start-up associé, dans la même entité, sûrement pour augmenter les synergies, bénéficier d’une R&D intégrée et accélérer encore le passage à la création d’entreprises et d’emplois dans la région. D’ailleurs, les cours de la prochaine rentrée (HE-Arc conjointement avec HEIG-VD Yverdon) embrassent de même les récentes évolutions qui sont susceptibles de changer les paradigmes du secteur.

La réactivité est de mise, les yeux grands ouverts sur le monde afin d’aboutir aux bons choix stratégiques, tant ce nouveau chapitre offre de potentialités. Le nerf de la guerre aujourd’hui étant l’information en temps réel, les « battles » de « geeks » et les médias sociaux sont précieux en ce sens. Il faut percevoir la moindre vibration porteuse.

Dans l'autre direction, à 180°, la région étant tournée vers l'exportation, le marketing digital s'avère indispensable pour coller aux nouveaux schémas économiques, être dans la place, et si possible au milieu.

« Neuchâtel prend l’IoT (Internet of things) et l’Arc jurassien l’industrie 4.0 »

(Source: alpict.com)

Et maintenant vient l’intégration numérique, après la mécanisation, l’électrification et l’automatisation, formant l’industrie 4.0. Les acteurs du lieu prennent déjà leurs marques: montres connectées (Tag Heuer), internet des objets (EM Marin), machines auto-apprenantes et intelligentes dîtes “smart systems” (Manufactures Vaucher et Fleurier + CLA, Willemin-Macodel), mais aussi la blockchain (Bity dans la Fintech).

« Neuchâtel, berceau d’innovation, terre de visionnaires »

(source: microcity.ch)

Il s’agit de créer les conditions et les perspectives, ici et maintenant, du « Neuchâtel Inside » (J.-N. Karakash, Conseiller d’Etat) d’une véritable plus-value d’origine régionale dans les nouveaux processus, les nouvelles productions.

Encourageant, en 2017, le BAK prévoyait pour le canton, parallèlement à Bâle-Ville, autre canton à forte composante industrielle, une solide croissance de 3,4% cette année.